Action Faux Résidents

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Entre 2002 et 2022, l’AEFE a recruté des fonctionnaires en détachement, sous contrat de « résident » au lieu du statut d’expatrié, plus avantageux. Le juge administratif a qualifié cette pratique de « détournement de procédure ».

CGU

COMPRENDRE LA SITUATION

Entre 2002 et 2022, l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE), a eu recours à une procédure de recrutement illégale de fonctionnaires en détachement : les contrats de résident à recrutement différé (RDD), dits contrats de « faux résidents ».

Cette pratique a permis à l’AEFE d’attribuer à des fonctionnaires affectés dans ses établissements à l’étranger, un statut moins avantageux que celui auquel ils et elles avaient droit.

Ce mécanisme de recrutement a été qualifié de « détournement de procédure » par le juge administratif qui a enjoint l’AEFE de verser aux fonctionnaires la différence entre le salaire réellement perçu et celui dû.  

 En savoir plus sur le mécanisme "Faux résidents" (Cliquez ici)

Pour exercer dans un établissement du réseau d’enseignement français à l’étranger, les fonctionnaires détaché·es auprès de l’AEFE pouvaient relever de deux statuts : « personnel expatrié » ou « personnel résident ». Le statut d’expatrié était le plus avantageux, notamment pour les indemnités et la prise en charge des frais de logement.

Selon l’article D. 911-43 du code de l’éducation (version antérieure à juin 2022) :

  • était « résident » le ou la fonctionnaire établi·e dans le pays d’affectation depuis au moins trois mois à la date d’effet du contrat, ou venu·e y rejoindre son conjoint ou partenaire de PACS ;
  • était « expatrié » le ou la fonctionnaire recruté·e hors du pays d’affectation.

Pour attribuer le statut de résident à des fonctionnaires qui n’en remplissaient pas les conditions, l’AEFE procédait en deux temps :

  1. Le ou la fonctionnaire, recruté·e depuis la France ou un autre pays, travaillait d’abord trois mois sous contrat de droit local conclu avec l’établissement à l’étranger.
  2. Ces trois mois écoulés, il ou elle remplissait artificiellement la condition de résidence et basculait sous un contrat de « résident » avec l’AEFE, souvent signé avant même le départ à l’étranger.
Pendant vingt ans, un grand nombre de fonctionnaires détaché·es auprès de l’AEFE, enseignant·es pour la plupart, se sont ainsi vu attribuer illégalement le statut de résident au lieu de celui d’expatrié, plus avantageux.
 La position du juge administratif - Un détournement de procédure (Cliquez ici)

Par un arrêt du 15 mai 2020, la Cour administrative de Nantes a sanctionné la pratique des recrutements de « faux résidents » en la qualifiant de « détournement de procédure ».

Cette décision marque le point de départ d’une jurisprudence constante : chaque fois que le juge administratif a été saisi d’une situtation de « faux résident », il a systématiquement sanctionné l’AEFE pour « détournement de procédure ».

Dans chaque recours pour excès de pouvoir, le juge a enjoint à l’AEFE :

  • de régulariser la situation administrative de fonctionnaire par référence au statut d’expatrié qui aurait dû lui être reconnu
  • d’en tirer les conséquences financières, c’est-à-dire de lui verser la différence entre la rémunération perçue et celle à laquelle il ou elle pouvait prétendre en tant que « personnel expatrié » sur les périodes concernées.
  • de reconstituer ses droits à avancement et à retraite, lorsque la demande en avait été faite.

COMPRENDRE LA PROCEDURE PROPOSEE

       

L’action vise à contester la légalité du statut de « personnel résident » attribué durant les périodes de détachement auprès de l’AEFE où le ou la fonctionnaire, aurait dû relever du statut d’expatrié.

L’objectif est d’obtenir :

  • la régularisation administrative du fonctionnaire par requalification de son statut en « personnel expatrié » ;
  • la régularisation financière tirant toutes les conséquences de la régularisation administrative
  • la reconstitution des droits à avancement et retraite.
 
   
   
 Déroulé de la procédure judiciaire proposée (Cliquez ici)

Phase 1 — Demande préalable

En premier lieu, une demande préalable tendant à la régularisation de la situation administrative et financière et à la restitution des droits à avancement et retraite sera envoyée à l’AEFE. Cette demande est une condition préalable nécessaire au recours contentieux.

L’AEFE dispose d’un délai de deux mois pour répondre. Passé ce délai, son silence vaut décision implicite de rejet.

Le cas échéant, la décision de rejet implicite ou explicite pourra être contestée devant le tribunal administratif compétent dans un délai de deux mois à compter de sa notification.

Phase 2 — Recours contentieux

Le recours contentieux ne sera engagé qu’en cas de décision de rejet total ou partiel et implicite ou explicite de la demande préalable.

Un recours pour excès de pouvoir est alors formé dans les deux mois devant le tribunal administratif compétent.


COMMENT PARTICIPER A CETTE ACTION COLLECTIVE ?

 Qui peut participer ? (Cliquez ici)

Tout·e fonctionnaire détaché·e auprès de l’AEFE entre 2002 et 2022 ayant exercé sous contrat de « faux résident » peut participer. Est considéré·e comme « Faux résident », le ou la fonctionnaire qui, pour un même affectation :  

  • ne résidait pas dans le pays d’affectation dans les trois mois précédant le début du contrat local ;
  • n’est pas venu·e y rejoindre un·e conjoint·e ou partenaire de PACS ;
  • a d’abord signé un contrat de droit local d’une durée de trois mois ;
  • a ensuite signé avec l’AEFE un contrat de résident prenant effet à l’issue du contrat local.

Plusieurs affectations ? Chaque période est examinée séparément. Une période non éligible n’empêche pas de demander la régularisation des autres.

Exemple : Un enseignant qui était jusque-là affecté à l’Académie de Nantes est détaché auprès de l’AEFE pour exercer :

  • à Rome : contrat local du 1er septembre au 30 novembre 2011, puis contrat de résident du 1er décembre 2011 au 31 août 2014. Cette période est éligible, car il résidait en France avant son arrivée.
  • à Milan : contrat de résident du 1er septembre 2014 au 31 août 2017. Cette période est non éligible, car il résidait déjà en Italie depuis plus de trois mois.
  • à Madrid : contrat local du 1er septembre au 30 novembre 2017, puis contrat de résident du 1er décembre 2017 au 31 août 2020. Cette période est éligible, car il résidait en Italie, et non en Espagne, dans les trois mois précédant son contrat local.
 Quelles pièces dois-je communiquer ? (Cliquez ici)

① Complétez dans votre Espace Personnel (onglet « Mes actions collectives ») :

  • Formulaire « Informations du justiciable »
  • Formulaire « Informations du dossier »

② Déposer les documents suivants dans votre Espace Personnel, dans l'onglet "Mes actions collectives"

Pièce 1 — Justificatif d'identité (obligatoire)

Carte d'identité recto/verso ou passeport en cours de validité

Pièce 2 — Justificatif de résidence hors du pays d’affectation (obligatoire pour chaque période concernée)

Tout document prouvant que vous résidiez hors du pays d’affectation dans les trois mois précédant le début du contrat local, par exemple un arrêté d’affectation dans un établissement en France ou dans un autre pays.

Pièce 3 — Contrat local (obligatoire pour chaque période concernée)

Le contrat de droit local signé avec l’établissement à l’étranger. Il couvre vos trois premiers mois d’exercice, sur les mêmes missions que le contrat de résident.

Pièce 4 — Contrat « résident » (obligatoire pour chaque période concernée)

Le contrat de résident conclu avec l’AEFE à la suite du contrat local, portant sur les mêmes missions.

Pièce 5 — Pièces justificatives complémentaires (facultatives)

  • Le cas échant, tout document permettant de démontrer l’existence d’un préjudice moral directement lié à la faute commise par l’AEFE dans le recrutement de l’agent
  • Le cas échéant, la lettre de mission communiquée par l’AEFE avant la prise de poste à l’étranger
  • Le cas échéant la décision de mise en disponibilité pendant la durée du contrat local 
 Combien cela coûte-t-il ? (Cliquez ici)

Honoraires de base forfaitaires de 660 euros TTC (550 euros HT) comprenant :

Phase 1 - Demande préalable

  • Collecte et vérification de vos pièces
  • Analyse de votre dossier et de votre éligibilité
  • Un échange téléphonique individuel sur l’état de votre dossier
  • Rédaction de la demande préalable personnalisée
  • Envoi de la demande préalable et suivi jusqu’à la décision de l’administration

Phase 2 - Recours contentieux

  • Constitution de votre dossier
  • Rédaction  et dépôt de la requête personnalisée 
  • Analyse du mémoire en défense
  • Suivi de  la procédure
  • Préparation et représentation à l’audience
  • Analyse du jugement et compte-rendu

Ces honoraires de base forfaitaires sont dus à la signature de la convention. Ils couvrent l’ensemble des diligences listées pour les phases 1 et 2.

Cependant, si la phase 2 venait à ne pas se réaliser en raison d’une réponse favorable de l’administration lors de la phase 1, vous seriez remboursés des honoraires correspondant aux diligences non réalisées (soit 330 euros TTC). 

Honoraires complémentaires :

La rédaction d’un mémoire complémentaire dans le cadre de la procédure de la phase 2 fera l’objet d’un honoraire complémentaire de 120 euros TTC. Vous serez averti.e en amont de la rédaction d’un tel mémoire et la réalisation sera soumise à votre accord.

Honoraires de résultat :  

10 % HT (12 % TTC) des sommes effectivement obtenues, que ce soit par décision judiciaire ou par accord amiable. Aucun honoraire de résultat n'est dû en l'absence de sommes récupérées.

Exemple : pour une somme de 3 000 € récupérée, l’honoraire de résultat est de 360 € TTC

 
 Prise en charge des honoraires (Cliquez ici)

Nous vous invitons à vérifier auprès de vos assurances (habitation, automobile, carte de crédit) si vous bénéficiez d’une assurance de protection juridique. Il est possible que votre assurance prenne en charge intégralement l’honoraire de base relatif à l’action.

Bien que nous constations que les honoraires sont pris en charge par la majorité des compagnies d’assurance de protection juridique, chaque contrat d’assurance est différent. Il vous appartient de vérifier ce qui a été convenu entre vous et votre assurance.


POUR ALLER PLUS LOIN

 Quel est l'intérêt d'une action collective dans cette affaire ? (Cliquez ici)

Le principe des actions collectives défendues par MyLeo est simple : L’Union fait la Force.

En vous rassemblant, vous pouvez :

  • Mutualiser les coûts de la procédure ;
  • Donner du poids à la démarche, car plus les agents concernés sont nombreux, plus l’action a de portée auprès de l’administration et des pouvoirs publics ;
  • Renforcer la crédibilité du dossier en démontrant l'ampleur et la similarité des situations;
  • Partager les ressources nécessaires à la constitution du dossier, notamment pour les recherches juridiques et les analyses économiques.

La procédure reste individuelle, il n’y a pas d’obligation d’adhésion à un collectif ou une association.

 Glossaire juridique (Cliquez ici)

Ce glossaire explique en termes simples les notions juridiques essentielles pour comprendre l'action collective.


Contrat de droit local : Il s’agit du contrat signé directement avec l’établissement de l’AEFE à l’étranger et soumis au droit local du pays d’affectation et non au droit français. Dans le cadre des « faux résidents », ces contrats ont généralement une durée de trois mois et sont immédiatement suivis par un contrat « résidents ». Le contrat de droit local porte également sur les mêmes missions que le contrat de « résident ».


Demande préalable : En droit administratif, la demande préalable est la demande adressée à l’administration compétente afin qu’elle satisfasse, par elle-même, les prétentions. Une décision administrative étant toujours nécessaire pour saisir le juge administratif, la demande préalable permet également de provoquer une décision de l’administration qui peut par la suite faire l’objet d’un recours devant le juge administratif.

Détournement de procédure : Procédé par lequel l’administration recourt à une autre procédure que celle prévue par les textes. Il constitue une forme de détournement de pouvoir lorsque l’autorité administrative met en œuvre, en connaissance de cause, la procédure erronée, dans le seul but d’éviter certaines formalités ou de supprimer certaines garanties permises par la procédure initialement prévue par les textes. En l’espèce, la jurisprudence portant sur les « faux résidents » qualifie cette procédure de recrutement différé comme un « détournement de procédure », décrit comme une forme de « détournement de pouvoir ».


  

Expatrié : Selon l’article D.911-43 du code de l’éducation, dans sa version en vigueur avant juin 2022, les personnels expatriés correspondaient aux fonctionnaires recrutés hors du pays d’affectation.


 

Recours pour excès de pouvoir : Le recours pour excès de pouvoir (aussi dit « recours en annulation ») est un recours formé à l’encontre d’une décision administrative dont la légalité est contestée et dont l’annulation est demandée. En l’espèce, il sera demandé l’annulation de la décision de rejet de la demande préalable, ce qui conduira le juge à statuer également sur la légalité du ou des recrutement(s) litigieux. Pour rappel, les recrutements de « faux résidents » constituent un « détournement de procédure » et sont donc entachés d’illégalité.

Résident : Selon l’article D.911-43 du code de l’éducation, dans sa version en vigueur avant juin 2022, les personnels résidents correspondaient aux fonctionnaires :

  • soit établis dans le pays d’affectation depuis trois mois au moins à la date d'effet du contrat
  • soit qui, pour suivre leur conjoint ou leur partenaire avec lequel ils sont liés par un pacte civil de solidarité, résident dans le pays d'exercice ou de résidence de ce conjoint ou de ce partenaire

  

Tribunal administratif : Juridiction de première instance compétente pour juger les litiges entre les particuliers et l’administration.

 En savoir plus sur les décisions de justice dans des affaires comparables (Cliquez ici)

Qui vous représente ?

Christophe LÈGUEVAQUES

Avocat au barreau de PARIS

Docteur en Droit

Il est l’un des pionniers des actions collectives conjointes en France, action qu’il mène en mettant en avant sa sensibilité humaniste et des valeurs citoyennes.

Avocat des actions :
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